I) Tomber amoureux

 1) Le coup de foudre

Le coup de foudre est une envie irrépressible de se diriger vers l’autre, attirance immédiate et incompréhensible. Il se traduit par des bouffées de chaleur, une poussée d’adrénaline, une dilatation des pupilles, malaise, chute de tension, une accélération du rythme cardiaque, bégaiement, papillons dans le ventre, frissons… Au niveau émotionnel le coup de foudre est une expérience irremplaçable et valorisante puisque l'on se sent admiré(e) à travers le regard de l'autre.

Le charme c'est cela : des yeux qui parviennent à faire pétiller un visage tout entier.


 a)Comment le définit-on scientifiquement?

  

Le cerveau humain se divise en 2 parties : celui de la logique et celui des émotionsLe cerveau des émotions réagit d’une façon instinctive, réagissant plus vite que le cerveau logique, il génère de l’adrénaline  qui provoque différentes réactions physiques comme l’augmentation du rythme cardiaque, un hausse de la tension artérielle, des sensations de chaleur, etc. Cela expliquerait pourquoi le coup de foudre arrive plus souvent aux femmes. En effet, la femme a naturellement les émotions plus développées que l’homme.

 


L’odeur de l’amour :

Comme les fourmis qui s’en servent pour communiquer entre elles et les papillons pour attirer leur partenaire sexuel, les humains aussi succombent aux effluves que libèrent leurs semblables. Même à des concentrations imperceptibles, l’Homme serait même beaucoup plus sensible à ce qu’on appelle les phéromones qu’aux odeurs courantes de notre environnement.

 

Que sont les phéromones ?

 

Il s’agit de signaux chimiques sans odeur détectable qui sont émis par un individu et qui induisent un comportement particulier ou une réponse physiologique spécifique chez celui qui les perçoit, le plus souvent à son insu. 

Le groupe de Martha McClintock démontrait que des concentrations infinitésimales d’androstadienone (AND), une phéromone masculine qui est présente dans la sueur, l’urine, le sang et le sperme des hommes, modifiait l’humeur des femmes, élevait leur niveau d’attention et accroissait leur rythme cardiaque, leur température corporelle et leur transpiration. 

Une autre expérience menée par Johan Lundström a montré que, tandis qu’elles inspiraient à leur insu des traces de la phéromone masculine AND, des femmes jugeaient des visages d’hommes plus séduisants que lorsqu’on les embaumait d’une substance contrôle qu’elles percevaient néanmoins comme identique à celle contenant la phéromone.



 

 

L´organe voméro-nasal (OVN) se trouve à l´intérieur du nez et est connecté à l´hypothalamus par le biais de terminaisons nerveuses. Il a une fonction unique et exclusive qui est celle de capter les phéromones qui se dégagent des personnes qui nous entourent, entrainant des émotions et comportements distincts.

 

 

Les contre-indications: 

Des chercheurs américains de l’Université de l’Ohio ont établi que les 3 premières minutes d’une nouvelle rencontre déterminent presque toujours la suite des événements… C’est une sorte d’intuition, cela signifie donc que vous pouvez savoir, dès les premiers instants, si la personne que vous rencontrez va devenir un(e) ami(e), une simple connaissance, ou plus si affinités…!

Attention néanmoins, le coup de foudre est un état second, où on a tendance à sublimer la personne, à l’admirer. Qui ne connaît pas l'expression "L'amour rend aveugle" ?  On est alors privé de tout jugement objectif et on ne perçoit de la personne aimée que les qualités, même ses défauts (lorsqu’on les voit) deviennent des charmes ! 

Tout cela peut donc mener à des désillusions qui provoquent un mal d’une intensité proportionnelle au bonheur ressenti lors du coup de foudre… attention donc à la chute !


b) Comment le définit-on en littérature?

 

La foudre était, dans la mythologie, définit comme un châtiment des Dieux pour punir un terrien, la foudre était l’arme de justice des de Zeus.  Le coup de foudre était donc jugé comme une punition, une manifestation de la colère divine. Un phénomène qui rendait fou amoureux  un terrien, un amour dont il ne pourra pas se défaire et qui ne sera jamais ressenti réciproquement par la personne aimée.

Dans la littérature romantique, le coup de foudre est plutôt jugé magique et chanceux à celui qui le ressent. Dans « La princesse de Clèves » écrit en 1678 par Madame de la Fayette, Madame de Clèves et le Duc de Nemours, dont l’amour, malgré qu’il soit partagé, ne sera pas possible en raison de la vertu de la princesse, tombent amoureux au Louvre dès le premier regard, un coup de foudre légendaire dans le monde littéraire :

« M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu'il fut proche d'elle, et qu'elle lui fit la révérence, il ne put s'empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s'éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu'ils ne s'étaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini sans leur donner le loisir de parler à personne et leur demandèrent s'ils n'avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient, et s'ils ne s'en doutaient point.

- Pour moi, madame, dit M. de Nemours, je n'ai pas d'incertitude; mais comme Mme de Clèves n'a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j'ai pour la reconnaître, je voudrais bien que Votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom.

- Je crois, dit Mme la dauphine, qu'elle le sait aussi bien que vous savez le sien.

- Je vous assure, madame, reprit Mme de Clèves, qui paraissait un peu embarrassée, que je ne devine pas si bien que vous pensez.

- Vous devinez fort bien, répondit Mme la dauphine; et il y a même quelque chose d'obligeant pour M. de Nemours à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez sans l'avoir jamais vu.

La reine les interrompit pour faire continuer le bal; M. de Nemours prit la reine dauphine. Cette princesse était d'une parfaite beauté et avait paru telle aux yeux de M. de Nemours avant qu'il allât en Flandre; mais, de tout le soir, il ne put admirer que Mme de Clèves. »

 

La tragédie de Shakespeare « Roméo & Juliette », écrit en 1595, est un des archétypes de l’amour de jeunesse avec le célèbre passage du coup de foudre, Acte 1 scène 5 :

« Roméo, prenant la main de Juliette.    ̶̶ Si j'ai profané avec mon indigne main cette châsse sacrée, je suis prêt à une douce pénitence : permettez à mes lèvres, comme à deux pèlerins rougissants, d'effacer ce grossier attouchement par un tendre baiser.

Juliette.   ̶̶ Bon pèlerin, vous êtes trop sévère pour votre main qui n'a fait preuve en ceci que d'une respectueuse dévotion. Les saintes mêmes ont des mains que peuvent toucher les mains des pèlerins ; et cette étreinte est un pieux baiser

Roméo.   ̶̶ Les saintes n'ont-elles pas des lèvres, et les pèlerins aussi ?

Juliette.   ̶̶ Oui, pèlerin, des lèvres vouées à la prière.

Roméo.   ̶̶ Oh ! Alors, chère sainte, que les lèvres fassent ce que font les mains. Elles te prient ; exauce-les, de peur que leur foi ne se change en désespoir.

Juliette.    ̶̶ Les saintes restent immobiles, tout en exauçant les prières.

Roméo.   ̶̶ Restez donc immobile, tandis que je recueillerai l'effet de ma prière. (Il l'embrasse sur la bouche.) Vos lèvres ont effacé le péché des miennes.

Juliette.   ̶̶ Mes lèvres ont gardé pour elles le péché qu'elles ont pris des vôtres.

Roméo.   ̶̶ Vous avez pris le péché de mes lèvres ? ô reproche charmant ! Alors rendez-moi mon péché. (Il l'embrasse encore.)

Juliette.   ̶̶ Vous avez l'art des baisers.

La Nourrice, à Juliette.   ̶̶ Madame, votre mère voudrait vous dire un mot. (Juliette se dirige vers lady Capulet.)

Roméo, à la nourrice.   ̶̶ Qui donc est sa mère ?

La Nourrice.   ̶̶ Eh bien, bachelier sa mère est la maîtresse de la maison, une bonne dame, et sage et vertueuse ; j'ai nourri sa fille, celle avec qui vous causiez ; je vais vous dire : celui qui parviendra à mettre la main sur elle pourra faire sonner les écus.

Roméo.   ̶̶ C'est une Capulet ! Ô trop chère créance ! Ma vie est due à mon ennemie !

Benvolio, à Roméo.  ̶̶ Allons, partons ; la fête est à sa fin.

Roméo, à part.   ̶̶ Hélas ! Oui, et mon trouble est à son comble.

Premier Capulet, aux invités qui se retirent.   ̶̶ Ça, messieurs, n'allez pas nous quitter encore : nous avons un méchant petit souper qui se prépare... Vous êtes donc décidés ?... Eh bien, alors je vous remercie tous... Je vous remercie, honnêtes gentilshommes. Bonne nuit. Des torches par ici !... Allons, mettons-nous au lit ! (À son cousin Capulet.) Ah ! ma foi, mon cher, il se fait tard : je vais me reposer (Tous sortent, excepté Juliette et la nourrice.)

Juliette.   ̶̶ Viens ici, nourrice ! Quel est ce gentilhomme, là-bas ?

La Nourrice.   ̶̶ C'est le fils et l'héritier du vieux Tibério.

Juliette.   ̶̶ Quel est celui qui sort à présent ?

La Nourrice.   ̶̶ Ma foi, je crois que c'est le jeune Pétruchio.

Juliette, montrant Roméo.   ̶̶ Quel est cet autre qui suit et qui n'a pas voulu danser ?

La Nourrice.   ̶̶ Je ne sais pas.

Juliette.   ̶̶ Va demander son nom. (La nourrice s'éloigne un moment.) S'il est marié, mon cercueil pourrait bien être mon lit nuptial.

La Nourrice, revenant.   ̶̶ Son nom est Roméo ; c'est un Montague, le fils unique de votre grand ennemi.

Juliette.  ̶̶ Mon unique amour émane de mon unique haine ! Je l'ai vu trop tôt sans le connaître et je l'ai connu trop tard. Il m'est né un prodigieux amour, puisque je dois aimer un ennemi exécré !

La Nourrice.   ̶̶ Que dites-vous ? Que dites-vous ?

Juliette.  ̶̶ Une strophe que vient de m'apprendre un de mes danseurs. (Voix au-dehors appelant Juliette.)

La Nourrice.  ̶̶ Tout à l'heure ! Tout à l'heure !... Allons-nous--en ; tous les étrangers sont partis. »

 

http://www.youtube.com/watch?v=tOjuzvLcsos

 

Dans « Phèdre » de Racine, représenté pour la première fois en 1677, Phèdre, épouse de Thésée le roi de d’Athènes, tombe éperdument amoureuse de son beau-fils, Hippolyte. Un amour bien évidemment impossible. Voici le passage de la pièce où elle définit ce qu’elle a ressenti :

« Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;

Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;

Je sentis tout mon corps, et transir et brûler. »

 

Ainsi le coup de foudre est interprété par la littérature  comme un attachement immédiat à l’autre. Avec de nombreuses sensations incontrôlables comme nous le décrit Racine à travers Phèdre. Comme sous l’effet du destin, du hasard, de la magie, l’idéal de la rencontre amoureuse, c’est un amour né d’un premier regard, d’un premier contact sans autre explication que l’attirance, l’amour, car comme a dit Pascal Blaise dans son œuvre posthume les Pensées, « L’amour a ses raisons que la raison ne connaît point. ». La littérature n’a donc pas d’explication rationnelle que celui du mystère de l’amour, les adaptations cinématographiques accentue beaucoup plus facilement le côté magique et naïf. 



 

 

 

2) L’attraction amoureuse


a) Littérature

 

Deux proverbes s'opposent : «Qui se ressemble, s'assemble » et «  Les opposés s'attirent ». Lequel des deux a raison.

D'après l'ouvrage 150 petites expériences de psychologie pour mieux comprendre nos semblables de Serge Ciccotti, il semblerait que oui qui se ressebmel s'assemble. Une expérience a été faite de manière à démontrer que « qui se ressemble, s'assemble ».

- Un groupe de personnes s'est porté volontaire pour cette expérience. Avant de commencer ils ont chacun été pris en photo, et cette dernière a été modifié (sans en parler aux volontaires) par l'équipe scientifique en une personne de sexe opposé. L'expérience consistait pour chaque volontaire à choisir parmi 8 photos de personnes de sexe opposé celle par laquelle ils étaient le plus attiré. Trois fois sur quatre ils préféraient leur propre image trafiquée qui avait été introduite dans le lot. Cette expérience montre bien l'intuition que nous avons d'aller vers ceux qui nous ressemblent, cela semble plus rassurant. Une autre théorie vient renforcer ce proverbe. La neurobiologiste Lucie Vincent explique que chacun est  attiré par l'image qu'on nous a montrée du sexe opposé, ainsi les filles seront attirées par des hommes semblables à leur père, et les garçons par des femmes ressemblant à leur mère.

 

 D'un point de vue scientifique le premier proverbe serait fondé. En revanche dans la littérature, on observe que de nombreuses histoires d'amour sont marquées par l'opposition entre les deux personnages. Dans Belle du Seigneur d'Albert Cohen, Ariane et Solal viennent tous deux de milieux sociaux différents et tombent fou amoureux l'un de l'autre et vivent une merveilleuse passion. De même dans Roméo et Juliette, la rivalité de leur famille les opposent, cependant ils sont follement amoureux, et sont prêts à mourir pour être unis à jamais. Les contes de fées temoignent également de cette opposition, en effet dans La Belle et la Bête, le physique repoussant de la Bête n'empêche pas Belle d'en tomber amoureuse. Le prince charmant dans Cendrillon tombe amoureux de celle-ci malgré son statut social.

La littérature pencherait donc plutôt pour « les opposés s'attirent ».

 

I know, when I compliment her she won't believe me, and it's so sad to think that she does not see what I see...



b) Scientifiquement  

 

L’attirance biologique

L’attirance entre un homme et une femme, se fait par des petites molécules sécrétées par les aisselles et les parties génitales: les phéromones. L’homme produit de l’androsténol et de la spermine par la sueur et la femme produit de la copuline. Ces phéromones, de puissants messages de désir, étant inodores, sont captées par le second système olfactif: l’organe voméronasal.

Selon les compatibilités, ces phéromones peuvent avoir une action attractive ou répulsive: la science montre que nous sommes attirés par les personnes qui ont le patrimoine génétique le plus opposé du notre. C'est-à-dire que si vous appréciez les odeurs corporelles de votre conjoint, vous avez fait, sans le savoir, une alliance avec la nature. Cette attirance biologique constitue la base d’une bonne et durable communion dans un couple.

 

PEA: Phénylethylalanine

L’état amoureux déclenche immédiatement une sécrétion de PEA dans le cerveau. Cette hormone procure la satisfaction d’aimer et d’être aimé. Le PEA est une amphétamine aux effets euphorisants et dynamisants. Il permet de percevoir l’autre sous son plus beau côté, et ainsi, de lui donner le meilleur de soi-même, comme si tous les défauts étaient gommés.

Cette hormone fait donc perdre toute objectivité: ce n’est pas l’autre qui se montre sous son meilleur jour, mais nous qui le voyons sous son bon côté. Quand le cerveau cesse de produire cette hormone, il est alors possible de croire que l’autre vous a manipulé. Cependant, avoir vu les choses les plus belles de son partenaire donne plus de chances à la relation.

La dopamine

Pour compenser l’absence du PEA, le cerveau prend le relais et sécrète de la dopamine. Cette hormone donne envie d’actions et favorise les comportements vitaux comme la faim, la soif et la sexualité. La dopamine permet alors la construction d'une relation de couple, grâce aux plaisirs procurés par de bonnes expériences.

Malheureusement, les effets du PEA et de la dopamine ne sont que temporaires. Leur absence peut provoquer le manque, l’amertume et l’envie de courir vers d’autres relations. C’est pourquoi la nature nous fait cadeau de l’ocytocine.



Ecoute, la vie ne va pas se fâcher parce que tu es heureuse. On peut dire tout ce qu'on veut de la vie mais une chose est certaine : elle s'en fout. Elle n'a jamais su distinguer le bonheur du malheur. Elle ne regarde pas à ses pieds...



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